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Alliancy : Fabrice Lorvo (FTPA) : “Il existe encore un flou autour du périmètre du projet de tracking volontaire.”

15 avril 2020

Interview de Fabrice Lorvo, associé, à propos du dispositif de tracking volontaire, dans Alliancy.

Alors que le gouvernement vient d’annoncer un dispositif de tracking volontaire pour déterminer si nous avons été en contact avec une personne infectée, Alliancy s’est entretenu avec Fabrice Lorvo, avocat associé du cabinet FTPA et spécialiste du droit de l’immatériel (et notamment des libertés fondamentales à l’ère du numérique). Pour lui ce projet de tracking volontaire est probablement un mal nécessaire qui consistera en arbitrage dangereux entre nos libertés fondamentales et les exigences de sécurité pour faire face à la crise sanitaire.

Alliancy. Le gouvernement a annoncé un important dispositif technologique pour mieux contenir et gérer l’épidémie. Pensez-vous que la technologie est la solution ?

On peut se dire que c’est le progrès, que nous avons la technologie, alors pourquoi ne pas l’utiliser ? La réponse n’est pas aussi évidente, il faut d’abord relativiser le mythe du progrès. Ce qui est un progrès immédiat peut devenir, ultérieurement, une calamité. Rappelons-nous qu’il y a plus de 70 ans, nous considérions l’amiante comme le matériau du futur ! Ce matériau a été utilisé à grande échelle et on s’est aperçu postérieurement qu’il était létal pour l’Homme.

Ensuite, il faut envisager les possibles effets pervers de la technique. Le numérique n’est qu’un outil, c’est comme un couteau : il est indispensable pour couper un rôti en famille mais il peut aussi être utilisé pour tuer son prochain. Il faut donc garder à l’esprit les possibles dérives surtout lorsque cet outil permettra de collecter des données personnelles sensibles. Or, les dérives dans la collecte de données ont toujours existé.

L’intégralité de l’article est disponible dans Alliancy.